Voilà plus d’un an qu’il attendait que ce poste lui soit confié…
Maxime se promenait maintenant dans les allées calmes du cimetière, ramassant les feuilles mortes, remettant en place les pots de fleurs renversés par le vent. Peu à peu il se familiarisait avec les tombes et leurs résidents silencieux et discrets…
Pour beaucoup d’entre eux, Maxime les avait connu de leur vivant dans ce petit village de la côte atlantique.
De certains il ne se souvenait pas, ils étaient morts alors que lui était encore petit ou avant qu’il naisse il y a 32 ans de cela.
Il avait été engagé comme gardien du cimetière depuis la semaine dernière.
Lorsque le maire l’avait appelé pour lui apprendre la bonne nouvelle, Maxime avait littéralement explosé de joie. Il avait sauté au cou de sa mère fière de lui et avait couru au bar du village pour informer ses amis.
Il était doublement heureux parce qu’il avait soufflé la place à son cousin Ricky qu’il n’appréciait guère, le fils d’une cousine lointaine de son père.
Ricky était lui aussi en invalidité ; il avait été victime d’un accident alors qu’il était tout petit.
Maxime quant à lui, avait un petit retard mental. Il était né ainsi et personne ne savait vraiment ce qu’il avait. C’était en quelque sorte un enfant dans un corps d’homme.
Maxime était le nouveau gardien du cimetière et à ce titre il naviguait depuis quelques jours consciencieusement entre les stèles et lisait les noms gravés sur les tombes, faisant un signe de croix pour chacun de ses pensionnaires comme il les appelait.
Tout le village qui n’était plus de ce monde passait devant ces yeux, faisant remonter de lointains souvenirs.
Et puis il y avait la tombe de Léon Marton. La plus belle et la plus grande de toutes.
Toute en marbre clair, avec son nom marqué en lettres d’or accompagné de sa date de naissance et de mort. Avec la photo de ce bel homme, souriant et heureux, son regard rieur et ses yeux bleus clair.
Léon était l’ancien maire, il avait eu les honneurs de l’ensemble du village pour ses obsèques. C’était un homme respecté de tous, généreux, toujours aimable avec l’ensemble de ses concitoyens.
Maxime balaya sa tombe et se signa respectueusement.
Leon était un homme très fortuné mais d’une extrême générosité notamment envers les enfants. Maxime se souvient que petit tous les enfants couraient après lui lorsqu’il le voyait dans la rue, et bien souvent, Léon leurs offrait des glaces.
A côté de la grille du cimetière, se trouvait une petite maison où vivait le gardien.
Maxime y vivait seul. Il l’avait trouvé très belle même si en réalité il ne s’agissait que d’une petite cabane bien modeste. Trop heureux d’avoir à la fois un travail et un toit.
La nuit venue, après avoir pris son repas, il s’était allongé sur son lit et s’était endormi.
Au milieu de la nuit, Maxime fut réveillé par des cris.
Il se leva rapidement et ouvrit la porte de sa maisonnette.
Le cimetière était plongé dans le noir, seule la lumière de la lune éclairait un peu les allées du cimetière.
Torse nu, en pantalon de pyjama, le gardien se dirigeait vers le fond du cimetière où il avait aperçu une ombre.
Arrivé à une vingtaine de mètre, Maxime vit que la lumière provenait d’une lanterne posée sur la tombe de Léon Marton.
Terrifié, le souffle coupé, Maxime avança encore un peu et se cacha derrière un cyprès.
Les yeux écarquillés, il vit une scène qui le laissa sans voix.
Un homme et une femme, complètement nus, enlacés sur le marbre clair de la tombe comme sur un lit.
L’homme tenait la jeune femme, il la caressait, lui montait dessus, elle gémissait de plaisir.
Une autre femme, elle aussi complètement nue, s’était assise à cheval sur la stèle de ce pauvre Léon, elle se caressait entre les cuisses, regardant les deux amants faire l’amour sur la pierre tombale. Elle se couchait, se relevait tout en se caressant et en regardant ses deux amis faire l’amour sur la tombe.
La jeune femme descendit de son perchoir, et se mit à caresser le pénis du jeune homme lequel continuait à caresser l’autre femme, elle lécha le pénis en érection et le mit dans sa bouche, en continuant à lui caresser les testicules.
Maxime regardait, perplexe… et en érection lui aussi.
Face à ce spectacle, Maxime n’y tenant plus éjacula en émettant en même temps un petit gémissement… les trois visiteurs effrayés, prirent la fuite saisissant au passage leurs vêtements éparpillés ça et là.
Maxime, abasourdi par tant d’émotions, reparti se coucher.
Le lendemain matin, il se présenta devant monsieur le Maire pour lui raconter cette nuit agitée.
- Monsieur le Maire, ils étaient nus sur la tombe de Léon…
- Oui, Maxime, je vois. Cela arrive depuis qu’ils ont ouverts cette discothèque sur la plage, les jeunes sortent de la discothèque, un peu éméchés et sur le chemin du retour, ils rentrent dans le cimetière pour s’envoyer en l’air…
- Mais que dois-je faire monsieur le Maire ?
- Tu dois les chasser, leur faire peur et tu verras qu’ils ne reviendront plus.
Avant de partir le Maire avait demandé plus de détails sur les ébats des trois jeunes gens. Bien que ne comprenant pas la raison, Maxime lui avait tout expliqué point par point… Le Maire avait rougi mais semblait apprécier.
Cette après-midi là, alors qu’il nettoyait la tombe de Léon (la photographie était toute ternie sans doute tachée par les cuisses humides de la jeune femme).
Tout en nettoyant soigneusement la photo, Maxime fut surpris de voir le visage sérieux de Léon… alors qu’il avait le souvenir une photo souriante et gracieuse…
Maxime tentait d’établir un plan d’actions pour la prochaine visite de ces intrus.
Il pensa que le brave homme avait peut être été offusqué par ce qui était arrivé sur sa tombe.
Maxime souhaitait lui redonner le sourire et cette nuit il allait agir.
Le Maire avait dit de leur faire peur.
Il se posta derrière un pin, à une dizaine de mètres de la tombe et attendit patiemment.
Au bout d’une trentaine de minutes, il les entendit arriver. Ils étaient quatre, deux garçons et deux filles.
Arrivés sur la tombe, un des garçons posa la lanterne. Tous se déshabillèrent rapidement, les femmes gardèrent leurs sous-vêtements, l’une en dentelles rouge vif et l’autre en blanc. Tous commencèrent à se caresser, à se toucher avec ardeur.
Une des jeunes femmes chevauchait un garçon au membre impressionnant (Maxime était admiratif) pendant que l’autre les jambes écartées se faisait lécher la chatte par l’autre garçon.
Elle se mit ensuite à cheval sur l’homme au sexe démesuré lancée dans une cavalcade folle.
Les deux femmes commencèrent ensuite à s’embrasser entre elles et à se caresser les tétons.
Maxime se rendit compte qu’il bandait à nouveau, qu’il allait avoir du mal à se contenir et pourtant il voulait profiter encore un peu de la scène…
Les femmes se retournèrent et se firent pénétrer par les deux hommes tout en continuant à se caresser.
Maxime n’y tenait plus…
Mais cette fois, il ne voulait pas les effrayer avec ses petits soupirs de plaisir. Il voulait les chasser et leur faire peur comme le Maire le lui avait demandé.
Il tenta de se ressaisir et commença à crier :
« Vous êtes des porcs, cassez-vous, vous venez salir la mémoire de Léon, vous devriez avoir honte, enculés que vous êtes, cassez-vous vite…”
Sous ce déluge d’insultes, les quatre visiteurs prirent leurs jambes à leur cou et s’enfuir dans la nuit.
Encore agité et tout en sueur à force de crier, Maxime s’approcha de la tombe de Léon, contrôla que tout était bien en place après les ébats des quatre jeunes gens.
Ces filles ne sont que des putains, pensait-il, se faire lécher, enculer sur la tombe de ce pauvre Léon. Ces garçons n’ont aucune pudeur, aucun respect.
Il souffla sur la photo et la lustra du bout de sa manche.
Léon le regardait avec des yeux encore plus indignés et furieux que la veille.
- Monsieur Léon, je vous promets que cela n’arrivera plus. Votre repos sera éternel et vous ne serez plus dérangé par ses porcs et par ses filles de mauvaise vie.
Maxime n’en croyant pas ses yeux, vit la photo de Léon s’animer… du doigt il lui fit signe de s’approcher et lui dit :
- Maxime, la prochaine fois, occupe toi de tes affaires, couillon ! dit Léon.
Depuis ce soir là, le cimetière devint un véritable bordel à ciel ouvert.
Convaincu que les morts voulaient aussi profiter de la vie des autres, Maxime accueillait toujours ses visiteurs avec le sourire leur offrant même parfois à boire en remerciement de ce spectacle en live qu’ils venaient lui offrir à lui, à Léon et aux autres…
Léon avait retrouvé son splendide sourire sur la photo… et non seulement il souriait mais à chaque passage de Maxime, il lui faisait un clin d’oeil complice !
Le travail au cimetière plaisait de plus en plus à Maxime ; il estimait avoir beaucoup de chance de partager les nuits agitées de ses ôtes.
Fin…